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Toulon, ville touristique et portuaire

Forte d'une nouvelle image et d'un dynamisme reconnu,
Toulon devient incontestablement une ville de tourisme
qui compte en région Provence Alpes Côte d'Azur.

Toulon... carte de visite express

De Telo à Toulon... pour en savoir plus sur l'histoire de la ville.

Comment se blasonnent les armes de Toulon ?

“Toulon, port du Levant”... pour une nouvelle identité visuelle.

Vue générale de Toulon depuis le Mont-Faron

    

Regard sur le passé, de Telo à Toulon

Par le Docteur Antoine Marmottans
(Vice-Président de la Société des Amis du Vieux Toulon et de sa Région).

Les Romains sont les fondateurs de “Telo Martius”, il y a deux mille ans. Son nom allie “Telo”, divinité ligure, au dieu “Mars”.

Illustration de M. Gassend représentant le port avec des horeaiC’est à l’origine un port exportateur de vin, prospère au IIe et IIIe siècles. De récentes découvertes ont permis de retrouver son port primitif et les barques (horeai) lui servant d’appontement.

Une teinturerie de pourpre y fonctionnait à la fin du IVe siècle.

“Telo Martius”, petite bourgade côtière, eut la chance de devenir le siège d’un évêché au début du  Ve siècle. Cyprien, évêque vers 520, sera plus tard élevé au rang de saint patron de Toulon.

On ne sait presque rien de l’histoire de “Tholon” jusqu’au XIIIe siècle, sinon la construction d’une cathédrale romane en 1096 selon la tradition, le pillage de la ville par les Sarrasins en 1178, un deuxième vingt ans plus tard qui poussa les habitants à s’entourer d’un premier rempart.

Depuis l’an mille, l’administration du territoire toulonnais dépendait d’une branche de la famille vicomtale de Marseille. Sibille, dernière comtesse de Toulon, légua sa seigneurie en 1261 au nouveau comte de Provence Charles d’Anjou, frère de Saint-Louis. Au cours des deux siècles suivants, au temps de la Provence angevine, notre ville améliore ses défenses, obtient ses premières institutions municipales, lutte contre la primauté administrative de sa voisine Hyères. Elle connaît la disette, la peste en 1348, les déboires de la guerre de succession de la reine Jeanne, le brigandage des routiers. Elle possède toutefois dès 1440 un premier hôtel de ville et un premier hôpital. La paix revient enfin peu avant le rattachement de la Provence à la France en 1481.

Plan de coupe de la Tour RoyaleLes guerres d’Italie, les progrès de la construction navale, l’excellence de notre rade favorable à l’évolution des vaisseaux, sa protection naturelle, contribuent à faire de Toulon un port de guerre à partir du XVIe siècle.

La Tour Royale (1524), Balaguier (1635) et l’Éguillette (1675) protègeront notre port contre toute attaque venue de la mer. Toutefois, en 1524, puis en 1536, Toulon capitule devant les Impériaux de Charles-Quint.

En 1543, notre ville connaît un épisode plutôt inattendu avec l’hivernage de la flotte de Barberousse, l’allié turc de François 1er.

L’hivernage de la flotte de Barberousse en 1543

Les Toulonnais gardèrent la tête froide pendant les guerres de religion, préférant s’occuper d’agrandir la ville (1585-1610). Ils réalisèrent ainsi une magnifique enceinte bastionnée, une belle darse fortifiée (notre vieux port), gagnèrent des terrains constructibles sur la mer et consentirent à laisser au roi un petit espace pour y établir un arsenal et un chantier naval (1599). Petit arsenal deviendra grand !

L'hôtel de ville orné des atlantes de PugetFidèles à Henri IV, à Louis XIII et à Louis XIV qui nous rend visite en 1660, nos ancêtres embellissent leur ville, agrandissent la cathédrale, construisent un nouvel hôtel de ville orné des célèbres atlantes de Puget (1657).Les fortifications du port de Toulon

L’arsenal ne va cesser de se développer, grâce à la politique de Richelieu, véritable fondateur de notre marine, puis de Colbert, œuvrant pour la grandeur de son Maître. Nouvel agrandissement de la ville (enceinte de Vauban achevée en 1700), deuxième darse pour les vaisseaux de guerre, construction de bâtiments prestigieux comme la Corderie ou plus tard, la porte de l’Arsenal (1738).

Une attaque des troupes du duc de Savoie et du Prince Eugène en 1707 se solde par un échec, grâce à la ténacité des habitants et des soldats du maréchal de Tessé venus nous défendre. Malheureusement, en 1720 / 1721, une épidémie de peste entraîne la mort de la moitié de la population. Jours de gloire en revanche pour notre marine qui livre en 1744 un combat contre les Anglais au large du Cap Sicié, entreprend une expédition victorieuse à Minorque en 1756. Passons sous silence l’héritage des galères en 1748 qui nous valut le bagne et sa triste renommée.

Toulon fut une des villes de France les plus marquées par la Révolution. Émeute pré-révolutionnaire en Le capitaine d’artillerie Bonapartemars 1789, triomphe des Jacobins en 1792 s’accompagnant du massacre d’une vingtaine de notables, volte-face des Toulonnais en 1793 qui rejettent l’autorité de la Convention et finissent par se proclamer royalistes. La menace vengeresse des armées républicaines à leurs portes les incite imprudemment à appeler à leur aide la flotte anglaise de l’amiral Hood qui croise devant Toulon (août 1793).

S’ensuivent quatre mois de siège et de combats. Un plan élaboré par le capitaine d’artillerie Bonaparte permet le reprise de la ville par les républicains. Dix mille Toulonnais émigrent sur les vaisseaux des Alliés. Moins chanceux, plus d’un millier sont victimes d’une épuration sauvage. Notre ville, rebaptisée “Port-la-Montagne”, se remet lentement de ses blessures.

En 1798, le général Bonaparte vient à Toulon prendre le commandement de l’expédition d’Égypte. (Pour en savoir plus sur Napoléon Bonaparte, consultez le site internet de la Fédération Européenne des Cités Napoléoniennes).

En dépit des changements de régime dans notre pays, l’essor de notre flotte et de notre arsenal se poursuit inlassablement, assurant la prospérité de la ville.

Bourmont et Duperré sur la Provence en vue d'Alger en 1830Les Toulonnais sont patriotes sous l’Empire, acceptent mal la fin des Cent-jours et le deuxième retour des Bourbons. Cependant, une ère de paix s’installe, la marine reprend tous ses droits et les préparatifs de l’expédition d’Alger (1830) animent notre port.

Une meurtrière épidémie de choléra sévit en 1835.

L’avènement de la navigation à vapeur et de nouvelles technologies (métallurgie et mécanique) confortent notre développement portuaire sous le règne de Louis-Philippe, en partie grâce à la conquête de l’Algérie.

De nouvelles idées sociales se manifestent (saint-simonisme, grève des ouvriers de l’arsenal en 1845), si bien que la Révolution de 1848 est favorablement accueillie à Toulon, ville confinée dans ses remparts et en proie à une démographie galopante.

Le prince-président Louis-Napoléon Bonaparte, lors de sa visite en 1852, promulgue le décret tant attendu d’agrandissement de la ville.

Esquisse représentant la façade du théâtreUne nouvelle ère peut commencer.

Notre ville profite des expéditions militaires (Crimée, Italie) ou coloniales entreprises par le gouvernement du Second Empire.

Elle s’attèle à l’urbanisation des terrains libérés par la destruction des remparts (boulevard, place de la Liberté, haute ville) et réalise la construction des édifices publics qui lui manquaient : l’hôpital (1854), le théâtre (1862), le lycée (1867).

Le chemin de fer (1859) vient heureusement nous mettre en relation avec Paris et la France.<

La période de la Haute République poursuit cet effort de développement de la ville et d’amélioration de ses conditions d’existence. Le président Carnot vient à Toulon en 1890.

Visite de l'escadre russe à Toulon en 1893

La visite de l’escadre russe en 1893 laissera un souvenir inoubliable. Le temps insouciant de la Belle Époque à Toulon (1890 / 1910) sera particulièrement brillant, décrit par Claude Farrère dans ses “Petites Alliées”, en dépit de terribles catastrophes maritimes (explosion des cuirassés Iéna et Liberté).

L’entre deux guerres continue à assurer aux Toulonnais une vie tranquille, marquée toutefois par des tensions politiques et sociales (émeute de 1935).

La ville détruite par les bombardements aériens entre 1942 et 1944Prélude à de funestes catastrophes, la guerre et la défaite de 1940 sonnent le glas d’une époque heureuse. Un court répit où la ville et nos forces navales se replient sur elles-mêmes, avant l’occupation de la zone demeurée libre en 1942 par les troupes allemandes et le sabordage de notre flotte le 27 novembre. Vision apocalyptique ! La présence ennemie se solde par une atmosphère pesante, des difficultés insurmontables de ravitaillement et, à partir du mois de novembre 1943, d’incessants bombardements aériens qui endommagent gravement la ville et les faubourgs.

La libération de Toulon le 28 août 1944Le progrès des offensives alliées, le débarquement en Normandie, nous remplissent d’espoir. La Résistance locale multiplie ses actions. Le débarquement de Provence, la libération de notre ville par les troupes françaises après de durs combats, acquise le 28 août 1944, seront pour les Toulonnais des moments exaltants.

Restait à reconstruire la ville, tâche difficile, à lui redonner une âme dans un monde nouveau. Après soixante ans d’efforts, Toulon a repris un visage souriant et se prépare à aborder sereinement les enjeux du troisième millénaire.

Docteur Antoine Marmottans
Vice-Président de la Société des Amis du Vieux Toulon et de sa Région.

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