Comment Toulon est alimentée en eau potable ? :
Il en va de l'eau comme d'autres biens : on se rend compte qu'ils sont précieux lorsqu'ils menacent de manquer… Et si, à Toulon, le risque de pénurie n'existe pas, il n'en est pas moins utile de savoir comment notre ville est alimentée en eau et d'apprendre à mesurer la vraie valeur de cette richesse naturelle.
Nous avons beaucoup de chance à Toulon, car nos anciens ont bien préparé l'avenir en nous permettant notamment de disposer de sources d'appoint et en n'hésitant pas à construire des aqueducs. A nous, maintenant, de tout faire pour préserver ce bien précieux.
Précieux, c'est bien le mot. En effet, si notre planète est composée à 71% d'eau, seul 1% est propre à la consommation. Réparti de manière très inégale et non renouvelable qui plus est. Pour consommer cette eau de façon responsable, il n'est pas inutile de savoir comment notre ville est alimentée…
les Ressources et besoins :
Ainsi, chaque année, quelque 18 millions de m3 sont distribués à Toulon, Marine comprise.
Leur provenance :
- le barrage de Carcès (alimenté par l'Issole
et le Caramy),
- la retenue du Revest,
- la source Saint-Antoine.
L'eau du premier est acheminée par un aqueduc de 50 km à l'usine de la Valette (qui produit 61% du total) ; l'usine de Dardennes en produit 38% et le 1% restant provient de l'usine de Saint-Antoine.
L'exploitation est confiée à une société fermière, qui prend en charge la collecte, le traitement, la distribution.
La Ville assume pour sa part l'entretien de l'ensemble des réseaux, ce qui est loin d'être anecdotique… Pas moins de 2 millions d'euros d'investissements par an sont nécessaires pour lutter contre les fuites (très onéreuses bien évidemment) et autre vieillissement du matériel, lourd de conséquences. Un effort qui porte ses fruits puisque le taux de rendement, à la hausse, atteint aujourd'hui les 77%.
Autre responsabilité de la Ville, la mise en sécurité des réservoirs (les Pomets et Saint-Antoine). Il n'existait rien, auparavant, sur ces sites pourtant sensibles. Aujourd'hui, pose de filtres, verrouillage, vidéosurveillance et alarmes nous mettent à l'abri de tout acte de malveillance.
Le Canal de Provence au cas où…
Quant à savoir si la production d'eau est suffisante, et si un risque de pénurie existe, compte tenu de la possibilité d'approvisionnement par le Canal de Provence, les Toulonnais ne risquent pas d'être privés d'eau potable. La différence, en revanche, se situerait sur le plan financier.
Le prix de l'eau brute (l’eau est dite brute lorsqu’elle n’a pas encore bénéficié des traitements indispensables à sa consommation) fournie par les circuits habituels est en effet moins onéreuse que celle du Canal de Provence. Dans la mesure du possible, mieux vaut donc ne pas avoir recours à cette réserve. Et c'est justement en prévision de périodes de sécheresse qu'il faut préserver la ressource et revoir quelque peu son comportement de consommateur.
la préservation de l'eau :
Dans un souci de développement durable, pour les plus motivés ou pour préserver son budget, pour les plus pragmatiques, quelques gestes simples peuvent contribuer à de substantielles économies :
il n'est pas indispensable, par exemple, de laisser couler l'eau du robinet durant toute la durée du brossage des dents. Seul le rinçage le réclame. À raison de trois épisodes quotidiens d'une durée moyenne de 3 minutes (préconisée par les professionnels de la santé), imaginez le nombre de m3 ainsi gaspillés !
D'autres économies sont envisageables lors des périodes les plus sèches : laver son automobile, arroser son jardin, etc. sont autant de réalités qui peuvent être revue à la baisse pour réduire la consommation d'eau. Enfin, et surtout en période estivale, la douche sera pour tous préférable au bain, grand consommateur d'eau.
Autant de réflexes parmi d'autres qui peuvent avoir une incidence directe sur l'approvisionnement de tous. Et on le sait, l'eau c'est la vie.
Bon à savoir :
- Moyennes de consommation : 700 litres/jour pour un Américain ; entre 200 et 400 litres/jour pour un Européen ; 221 litres/jours pour un Toulonnais.
- L'eau potable fournie aux abonnés toulonnais est environ 140 fois moins chère que l'eau en bouteille.